fake-01-b

 

fake #01 – image / son : Ch.Giffard – texte : Th.Hatcher –  Sept/Oct 2013

(Fr)

Extérieur, jour, été.
Sur un banc, rien à faire :

– Je doute. Je dis rien, mais je doute.
– De quoi doutes tu? Ne doutes pas de tout!

Il marque une pause, se lève, puis s’assoit à nouveau.
Puis se lève encore une fois.

– Non, je sais certaines choses. Je sais que les choses existent, ces immeubles, cette route, ces herbes, ces oiseaux, ces arbres et leurs feuilles.(…) Ces choses existent, mais comment, ça je ne le sais pas. Je doute de leur agencement, de leur configuration, de la manière qu’ils se tiennent ensemble. Je doute de ce qu’ils se font les uns aux autres, comment ils se changent. Je sens le vent sur ma peau mais je ne vois pas les feuilles s’agiter.

– Moi je les vois s’agiter.
– Oui mais seulement après, seulement une fois que ça a eut lieu… Je vois les voitures glisser silencieusement là bas.
– Je les entends.
– Ce ne sont pas ces voitures que tu entends, mais d’autres. C’est les voitures d’avant ou d’après.
– Mais d’ici, ce sont les mêmes!
– Et de là bas c’en est d’autres. »

Extrait du document de travail pour « Tolcak » de Latan Cormek (1971), scénario de VN

La production de « Tolcak » fut entamée par deux fois en 71 et 74 (en Bavière puis en Italie) par la société britannique « Rolly Plumb Films ». Des différends profonds opposant le scénariste et le réalisateur firent capoter systématiquement le processus.

Par la suite, Latan Cormek réalisa un triptyque de téléfilms pour la télévision suisse autour d’une analyse de la narcolepsie du point de vue de l’antipsychiatrie de Cooper( sous le titre : « Ego Insanus? eine Studie der Narkolepsie ») mais son oeuvre la plus connue reste son travail de fiction littéraire dans le domaine de l’héroïque fantaisie avec son cycle publié en 1983  » Cassuis and Ossaule, the occido-semanite legacy » (connu en France sous le titre « Casius et Ossol, chroniques d’outre-lieu » paru en 89 aux éditions Arbofon). Cormek est décédé en 90 suite à des complications lié une opération de la cornée.

VN quant à lui enseigne depuis 1987 les mathématiques dans le cadre du UBA XXI Program en Argentine (pour plus d’infos voir www.uba.ar). VN ne sont pas ses vraies initiales, il ne souhaite pas être associé à la diffusion public du document de travail de « Tolcak ».

Nous souhaitons remercier Not et Raman Mitrovic pour leur aide précieuse et leur collaboration.

Cet extrait, ainsi que la quasi totalité du document, seront exposés du 12 au 19 juin 2012 à la chapelle Sainte Mirrole dans le cadre du PRESS, le festival de l’Image Ecrite de Saint Espaire (dans le Lot).

(Eng)

Where are the effets d’annonce ?

Notes on not getting it and the difficulty of talking about it. (circa 2010, transcribed from memory)

– You remember that film with the video ?
– Japanese ? With a well ?
– French. Something about this guy’s guilty conscience. Red blood on a blue wall at the end. It’s got that French actor in it,  the guy out of that other French film about someone pouring concrete in a well.
–  Another well ? Don’t think I’ve seen it.
– It starts with this shot of a street.
– Which one ?
– The video one. It starts with this long shot of a street in Paris. Looking down a street, up against a wall. Windows too far away to see through. Guy walks in on the right, then out again. Not much going on. Not sure if we’re looking at something or through something or into something. Ok, it’s a street, or rather it’s street or the street, because of the walking man, right ? Then, a woman leaves the house in the middle of the frame. Ok, so now, house on street.
– Why not the house on the street ?
– Because we’re so far away, and because camera’s don’t flinch. OK, so then, after 3 minutes or so, someone says : « So ? » then someone says « Nothing » and everything changes. Then someone says « Where was this ? » and someone says, well I won’t tell you what they say but it all changes again.
– Where are you going with this ?
– Things are getting moved around by words, put on stages and expected to dance. And you know what, they do and they love it.

– Objects will be objects but not without subjects.

– Here here!

Epilogue :

« It’s just something I feel » she said, picking perplexedly at the flaking green enamel above her milky lunula . He smiled and turned away, smoothing a crease out of his shirt sleeve. Sitting there,cradling the snifter in his palm, staring happily into the dark liquid, he was already long gone. But just for old times sake or maybe just to spite her, or maybe just because he knew no other way, he looked up and said : « Ok dear « .

from

Janes Hollivan The Singles Table, ed. Mables, Carriages and Sully, Prought Larringfa (1960), listing Seven Seas, Chatham (Kent), United Kingdom, (1965 for this edition) quoted here with the amiable concourse of Gaines Adion esq. on behalf of the Herne Bay Hollivan Heritage Fund.